LES SPECIFICITES DES OIES ET DES CANARDS





L'oie mâle est appelée jars, tandis que l'oie femelle garde tout simplement le vocable oie ; les petits sont des oisons. Le canard est le mâle et la cane la femelle les petits sont appelés canetons ou canardeaux.

La cane possède une voix plus forte que le canard : elle cancane, tandis que le canard nasille. Chez les oies, mâle et femelle possèdent la même force vocale ; elles criaillent, sifflent ou cacardent selon les circonstances.

Les canards sont curieux mais peuvent s'affoler facilement ; ils ont une bonne ouïe et une bonne vision, et sont capables de déceler facilement un insecte ou un danger.

Oies et canards, grâce à leurs pattes palmées, sont de bons nageurs ; cependant, les canards sont plus aquatiques que les oies, c'est-à-dire qu'ils séjournent plus volontiers sur l'eau. Tous deux sont des animaux grégaires, qui aiment vivre en bande.

Une intelligence non reconnue. On dit que l'oie est bavarde, mais aussi qu'elle est bête. D'où vient cette fausse légende ? De nombreux exemples prouvent le contraire. Voici une anecdote, parmi tant d'autres, relevée dans le Bulletin de la Société d'acclimatation (1884) : « Un habitant d'Atlanta, voyageant dans l'Alabama, rencontre un matin, entre Potersgay et Millersville, un individu conduisant une douzaine d'oies vers un champ de cotonniers ; chaque oie portait au cou une gourde pleine d'eau. Étonné de voir les palmipèdes en si singulier équipage, le voyageur en demande la raison à leur gardien. " Les gourdes contiennent la provision d'eau des oies, répondit celui-ci, elles passent la journée à manger les mauvaises herbes des champs de cotonniers, où elles ne trouvent pas à boire, et, quand une de ces volailles a soif, elle se désaltère à une gourde d'une de ses compagnes. " Bientôt après le narrateur de cette historiette voyait une oie se rafraîchir en introduisant le bec dans la gourde de sa voisine, prête du reste à demander le même service. »

Le canard n'est pas en reste au point de vue intelligence. Voici une autre une anecdote ancienne rapportée par A. Blanchon dans son ouvrage. Canards, oies et cygnes (1896) : « Une jeune dame était assise dans une chambre, près d'une cour où s'ébattaient les poules, les canards et les oies. Un canard entra, s'approcha d'elle, saisit du bec le bas de sa robe et la tira vivement. Distraite, elle le repoussa de sa main. Il insista. Un peu étonnée, elle prêta quelque attention à cette pantomime inaccoutumée et il lui parut que le canard voulait l'entraîner dehors. Elle se leva ; il s'empressa de marcher devant elle. De plus en plus surprise, elle le suivit jusqu'au bord du bassin où elle aperçut une cane qui avait la tête prise dans la porte d'une écluse. Elle se hâta de dégager la pauvre bête et la rendit au canard qui, des ailes et de la voix, témoigna tout le contentement que lui causait la délivrance de sa compagne.

                                                                  (source)   J.C Périquet (Traité Rustica)

 

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